Avec le Pignacolusse, élaboré à partir de raisins Pignolo en pureté, Jermann a réalisé une véritable œuvre de réévaluation de ce rare cépage autochtone frioulan, ainsi nommé en raison de la forme caractéristique en forme de pomme de pin de sa grappe, encore cultivé aujourd'hui par très peu de passionnés.
Le lieu de naissance du Pignolo coïncide avec les collines de Rosazzo, dans la province d'Udine : sa renommée était grande au XIXe siècle, étant cité dans l'important "Catalogue des Vignes du Royaume de Vénétie", compilé sous l'administration de Vienne.
Au début du XXe siècle, le Pignolo fut cependant victime d'un désintérêt progressif, au point de risquer de disparaître complètement.
Ce fut au début des années 80 que la découverte de quelques vieux ceps de Pignolo dans les vignes de l'Abbaye de Rosazzo incita certains producteurs locaux à parier à nouveau sur ce cépage indigène, capable de donner naissance à des vins très concentrés et d'une forte alcoolité, avec une trame serrée de tanins qui favorise de longues évolutions dans le temps.
L'un de ces pionniers fut justement Silvio Jermann, qui vit immédiatement, dans la vinification de ce cépage, la possibilité de créer un grand rouge en pureté, identifiable par sa typicité et son authenticité territoriale.
En accord avec le caractère austère et décidé du Pignolo, Jermann s'appuie sur de longues macérations, avec un contact intense entre le moût et les peaux, et un lent affinage en fûts de chêne, mettant sur le marché le Pignacolusse seulement après trois ans de vendange afin de garantir une évolution d'une intense complexité.